L'Idée Sensible

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dimanche 4 novembre 2012

Le sens d'OpenSpace - résidence au théâtre du champ de Bataille

Premiers jours de répétition d'OpenSpace


Répétition2

On arrive vendredi au Théâtre du Champ de Bataille... Bien accueillis par Florent et Philippe !
On y va en douceur...
Les 4 plateaux sont là.
Un peu de lumière...
Et hop ! Ça commence déjà à exister !
La scène nous appelle!
On photocopie le texte vite fait avec les modifications que j'ai apportées la veille.
L'édition, c'est bien : y'a l'essence d'OpenSpace dedans.
Mais la partition que nous jouerons en janvier sera un peu adaptée quand même.
J'approfondis le personnage de Futura dans la dernière partie de la pièce.
Je me permettrai jusqu'au bout de bricoler de petites choses, si j'ai le temps.
On relit quelques scènes à la table.
Puis on se lance. Premiers pas dans l'espace. Immersion. Création dans le cocon du théâtre.
Quelques projos. De la vidéo. Les espaces. Le texte.
Et surtout : les acteurs !
Quelle chouette équipe : Patrice Boutin, Claire Caigneaux, Claude Kagan, Fleur Monharoul.
Le travail se fait dans une qualité d'échange qui me plaît. EN RELATION.
C'est dingue d'avoir attendu tout ce temps pour passer au plateau et me mettre à essayer de faire de la mise en scène.
C'est tellement fort !C'est tellement ce que je voulais.
Il en faut du temps pour faire ce qu'on a à faire.

Répétition1

En deux jours, dans la pénombre du théâtre, dans mon rapport au plateau, aux acteurs, à ce monde d'OpenSpace que nous devons inventer, c'est là que je comprends enfin les personnages de ce texte.
C'est nous peut-être...
Enfin, c'est moi, c'est sûr...
Et c'est beaucoup d'autres que j'ai rencontrés toutes ces années...
Zapf, Desdemona, Verdana, etc... ils fuient leur réalité pour toutes sortes de raison.
Ils préfèrent l'illusion. Comme les gens de théâtre, non ? C'est là qu'est le pont entre ces mondes...
Les personnages d'OpenSpace ont leur côté petits ou idiots pathétiques...
Ils sont durs et monstrueux parfois.
Mais on peut aussi les comprendre.
La vie n'est pas une mince affaire.
Et voilà, le sens profond de la pièce m'apparait enfin en débutant ces répétitions : elle est née de mon goût de l'illusion et du rêve.
Et si, dans notre monde de chiffres et de sérieux, ça ne paraît pas très réaliste d'encourager ce penchant.
On peut pourtant en faire un métier.
Et ce métier pourrait bien apporter des rêves nécessaires au public !

répétition3

Mais bon, trêve de songeries... le sens de la pièce.. c'est bien joli tout ça...
Mais là... Nous sommes dans le vif du sujet.
Des hordes de problème hirsutes se profilent au loin, de graves soucis techniques apparaissent tout proche...
Ça s'entasse minute par minute, ça s'accumule à mesure que nous progressons pied à pied dans l'histoire.
Y'a décidément de quoi faire...
En 4 semaines... Va pas falloir perdre de temps !
Au programme : rêver en étant incroyablement organisé.

Y'a qu'à ! Gla ! Gla !

Angers, le 3 novembre 2012
Sylvain Renard

répétition 4
Photos © L'Idée Sensible

mercredi 19 septembre 2012

Du texte à la représentation ou de la représentation au texte ?


bureau

« Pour moi le théâtre est un art très concret. Si j'aime le monde du rêve et des fantasmagories, le théâtre me ramène vite à la réalité et ce m'est une source d'équilibre indispensable pour communiquer au public ce que j'ai songé. Mettre en scène OpenSpace, c'est une formidable occasion de peaufiner mon écriture. C'est, ce sera, en effet, confronter la partition que j'ai établie en rêvant, à la réalité du plateau, à la réalité des acteurs avec lesquels j'ai envie de travailler. Ce sera sans cesse au cours des répétitions rebondir sur cette réalité, s'inspirer des particularités, avoir le réel pour muse, et, sans aucun doute, ajuster le texte aux salles dans lesquelles nous jouerons, aux circonstances aussi. Je trouve très stimulant d'être dans ce va-et-vient entre mon bureau et le plateau pour faire coïncider au plus juste mes idées et mes envies aux outils de la représentation. Au final, il y aura une nouvelle partition, plus complète que la première qui tenait dans un livre, car on ajoutera intonations des acteurs, gestes, lumières, sons, ce sera la partition unique de ces représentations que nous donnerons, et nous aurons œuvré dans le sens qui nous touche de l'éphémère de cet art vivant pour le public... Voilà, quoi... Y'a qu'à! Gla! Gla! »

Sylvain Renard, Nantes, le 18 sept. 2012.