L'Idée Sensible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 20 novembre 2017

Lecture à la vie devant soi de Pigeon cyborg

Venez nombreux en cliquant là...

mercredi 4 janvier 2017

Un monde sans livres (ou presque)

Un monde sans livres (ou presque) vient de paraître aux Éditions Color Gang
Je publie ici un texte écrit, il y a quelques temps sur la genèse de ce texte.
...
Couverture

Des Brigades de lecture de PaQ'la Lune au Monde sans livres...

Fin 2014, Christophe Chauvet me propose d'être auteur associé de la compagnie PaQ'la Lune dont il est directeur artistique.
Clémence Allard, Christophe Chauvet, et moi avons rendez-vous pour réfléchir à ce qu'on pourrait inventer, d'une part comme actions pour le quartier du Ranzay à Nantes et d'autre part pour les Brigades de lecture.
La compagnie joue le spectacle des Brigades depuis dix ans. Ce sont des interventions surprises dans les écoles, dans les classes mais aussi dans les quartiers, dans les halls d'immeuble ou plus classiquement dans les théâtres. Des brigadiers surviennent de façon inattendue, missionnés par un fictif ministère de la lecture et de l'imprimerie nationale, ils lisent alors des textes à voix haute. Manière de partager la littérature, la poésie, le théâtre. Quoi de mieux pour cela que de proférer le texte? Sur le modèle des BIP (Brigades d'intervention poétique), Christophe a créé le concept de ces Brigades de lecture.
Sur le chemin du rendez-vous, dans ma voiture, quelques minutes avant notre rencontre, j'ai une idée. Ça se passe souvent comme ça : un éclair, au dernier moment une intuition, une envie. Je propose à Christophe et Clémence ce jour-là de nouvelles Brigades de lecture dans lesquelles les Brigadiers seraient missionnés par un nouveau ministère, cette fois de la Destruction des Livres et de la Pensée. Les Brigades de lecture : mission anti-livre pointent leur nez. Ces brigadiers interviendraient dans les classes pour venir chercher les livres qu'ils auraient ordre de détruire. L'enseignant deviendrait l'un des principaux suspects. S'il avait avec lui des livres, il tomberait sous le coup de la loi. Et justement, il aurait des bouquins dans son cartable ! Au cours de l'intervention, le chef de brigade par une inavouable nostalgie ne pourrait s'empêcher de lire des passages des textes avant leur destruction par le feu. Bien que ce soit parfaitement illégal, il les lirait devant les élèves. Son collègue le menacerait. Mais finalement séduit par les lectures, ils liraient ensemble, puis, tous les deux s'engageraient dans une résistance aux directives fascisantes du Ministère fictif.
Les grandes lignes du canevas naissent lors de notre rendez-vous.
Là-dessus, on examine un certains nombre de possibles actions pour le quartier du Ranzay autour de la même idée. On se quitte avec le désir de travailler sur ces bases.
Dans les semaines qui suivent, je me documente, je rêve aussi au projet. Je lis Farhenheit 451. Je ne connaissais que le film de Truffaut. Je relis Akhmatova que j'ai découverte peu de temps avant. Je regarde avec horreur, après une petite recherche Google, les photos de l'autodafé de Berlin en 1933... etc... C'est si proche.
Je me mets à travailler sur le texte des Brigades de lecture : mission anti-livre. Elle est écrite et créée dans la foulée en janvier 2015 dans une mise en scène d'Emmanuelle Cartron avec Julienne Belloche et Lionel Pavageau. C'est le second texte de cet ouvrage dont on publie ici la version salle, sans les allusions à un enseignant qui auraient des livres avec lui dans son cartable.

Florence 2
Photo©Florence Chambournier

Quelques mois plus tard, je dois animer des ateliers d'écriture au Collège Anjou Bretagne de Saint-Florent-le-Vieil dans le cadre du  "parcours lecture écriture" du Maine et Loire que propose PaQ'la Lune. Le lancement des ateliers se fait avec l'intervention de la Mission anti-livre dans les classes. La veille au soir, je cherche un axe pour mes ateliers et je me dis soudain qu'ils pourraient prolonger le spectacle. Je projette d'écrire en parallèle à mes ateliers une autre pièce qui se déroulerait dans ce cadre d'un monde où les livres seraient interdits. Cette fois, les principaux protagonistes seraient des enfants aux prises avec des brigadiers qui traqueraient les détenteurs de livres.
J'écris dans les mois qui suivent Un monde sans livres (ou presque) avec la collaboration des 24 élèves de la classe de 6°A et de leur enseignante de français, Béatrice Pasquier.
D'atelier en atelier, je définis le scénario et les personnages. J'arrive chaque fois avec le canevas de la scène à écrire, ménageant des espaces de liberté aux élèves et je repars avec leur production. J'écris ensuite la scène que je leur lis la fois suivante. De séance en séance, nous avançons dans la pièce. Les élèves se prennent au jeu. Ils aiment les personnages. Ils veulent donner leur version. Ils deviennent accros et moi aussi. Leurs textes sont de plus en plus conséquents.
Au cours du travail, on apprend l'autodafé géant à la bibliothèque de Mossoul. Nous écrivons une pièce drôle avec des brigadiers incendiaires clownesques, mais sur un sujet gravissime et dont les résonances avec l'actualité sont multiples.
Après quelques séances, je commence à lire les premières scènes à Rose, ma fille de dix ans. Nous rions de bon cœur. Elle veut me lire les scènes à son tour. Elle me demande de lui imprimer le texte. Elle veut le présenter à sa classe de l'école élémentaire Ange Guépin à Nantes. À son retour de l'école, elle me dit : "ils ont beaucoup aimé, ils veulent la suite". Ses camarades et elle décident de monter les deux premières scènes qu'ils jouent peu de temps après devant quelques classes et des parents. Ils montent ces scènes de manière totalement autonome ! Fin mai, je leur donne l'intégralité du texte que nous avons terminé à Saint-Florent-le-Vieil et ils décident de le monter pour la fête de l'école. Leur spectacle est captivant !
Du côté de Saint-Florent-le-Vieil, pour clore le travail d'écriture avec les élèves une rencontre est organisée à la médiathèque en juin par le Bibliopôle et Sandrine Bernard avec la classe, les parents, les enseignants. Succès ! Il y a beaucoup de monde. Plusieurs enseignants du collège ont voulu assister à cette restitution pour en savoir plus sur ce projet dont je leur avais parlé à la cantine ou en salle des profs ; le principal du collège est là. Je sens une véritable curiosité et un intérêt du public. Les élèves lisent une scène, j'en lis une. On parle du projet. De la création. Chacun peut poser ses questions. On parle théâtre ! Les yeux s'allument. Les gens aiment le théâtre !

Florence 3
Photo©Florence Chambournier

Rentrée 2015, j'attaque la mise en scène de la pièce dans une nouvelle distribution avec les élèves de l'école élémentaire Ange Guépin. Nous la jouons aux Utopiales, le Festival international de science-fiction de Nantes devant plus de 200 personnes, puis dans la salle polyvalente de l'école, et c'est encore une aventure extrêmement forte de création collective ! Une vraie création: avec un travail quotidien les dernières semaines grâce à la souplesse et l'engagement des enseignantes Nathalie Auditeau et Mathilde Guiard. Des collégiens du Breil voient notre pièce aux Utopiales et j'apprends quelques temps après par leur enseignante de français, Barbara Thoby-Herman qu'ils aimeraient la jouer, la monter à leur tour ! Ils m'invitent au collège à les écouter lire la pièce. Je m'y rends ! Ils prennent visiblement beaucoup de plaisir à la lire et je suis ravi de les écouter.

La pièce décrit un monde sombre où le gouvernement mène une politique qui abandonne l'éducation. Et pourtant, elle n'est pas désespérée. Elle est drôle et c'est déjà beaucoup de pouvoir rire de nos peurs.
Il y a un motif à l'intérieur qui me plaît particulièrement et qui me donne envie de la partager, qui fait que le travail est un bonheur et fait simplement sens, un motif qui me donne envie de l'accompagner jusqu'au bout : une solution provisoire survient qui sauve momentanément les personnages. Cette solution vient du sous-brigadier Tarte. Celui-ci change au cours de la pièce et il est le vecteur de la solution. Rien chez lui ne le laisse supposer au début de la pièce. Il est idiot. Il applique les consignes de l'État. On a envie de se moquer de sa stupidité. On ne peut pas penser un instant que c'est sa métamorphose qui sauvera les enfants. Et pourtant... Elle a lieu. J'aime beaucoup l'idée qu'il sorte de sa chrysalide, je l'ai voulue presqu'au premier jour. La pièce par cette péripétie finale est empreinte d'espoir. L'espoir vient de là où on l'attend le moins. Et l'espoir, je me dis que nous en avons tous besoin. Tout particulièrement maintenant, aujourd'hui.
Janvier 2016

Vous pouvez vous le procurer le livre chez les libraires nantais :
La Vie devant soi
Les Enfants Terribles
Vous pouvez aussi le commander dans toutes les bonnes librairies,
sur Amazon, ou encore chez l'éditeur lui-même, Color Gang

dimanche 9 novembre 2014

Prochainement "Partir"!

vendredi 28 mars 2014

Interviews



Presse Océan

Ouest France

mardi 31 décembre 2013

Préalables aux répétitions de "Partir"

16/06/2013

Je voudrais que nous nous inspirions du théâtre japonnais...
que nous fassions bonne place à la stylisation
que nous ne retenions dans l'espace que les traits fondamentaux qui permettront aux spectateurs de comprendre ce qui se passe,
que nous nous débarrassions du détail, du particulier.
Pourtant le texte de la pièce est réaliste.
Elle évoque de nombreux éléments de réel : Le RER parisien, le téléphone, les tenues vestimentaires, la déco acidulée, la bière, la valise, la salle de bain, le kebab.
Nous allons vider cependant tout cela du plateau.
Le rendre le plus abstrait possible.
Je voudrais qu'il y ait un décalage entre le jeu très stylisé, à la limite du formaliste et le verbe, très naturaliste.
Hybridation.

Ce qui rapproche cette pièce des thématiques du Théâtre No.
Passion amoureuse destructrice.
Jalousie.
Mort.
Revenant.

Crystal est morte et cependant elle revient sous forme de souvenir et hante son assassin.
La danse est celle d'un esprit vengeur qui poursuit Cool Man.
La danseuse et l'actrice sont des avatars de Crystal.

L'esthétique serait le noir et le blanc.
Le Yin et le Yang.
Et le rouge du sang.

S.R.

lundi 9 décembre 2013

Bientôt sur scène : Partir

Du 20 février 2014 au 1er mars 2014 au TNT

Partir Affiche

Le TNT

mardi 12 avril 2011

Sylvain Renard - biographie

Sylvain Renard
Sylvain Renard est né en 1971. Après des études littéraires, il suit une formation théâtrale auprès d’Alain Knapp. Un temps acteur pour le Théâtre Odyssée, puis attaché aux relations publiques du Théâtre de la Tempête, aujourd’hui il vit et écrit à Nantes.
Color Gang Edition publie ses pièces : Allô en 2006 pour laquelle il reçoit l’aide d’encouragement de la DMDTS, Haut Débit en 2007, une commande du Phénix - Scène Nationale de Valenciennes, OpenSpace en 2008 qu’il écrit en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon et Partir en 2012 avec le soutien du CNL.
Ses pièces sont remarquées par différents comités de lecture (Théâtre du Rond-Point, Théâtre Athénor, Association Orphéon...)
Il collabore régulièrement avec la compagnie TMScène pour laquelle il co-écrit 3 spectacles : L’Étonnante agence de voyage de la famille Debleu, L’Étonnante collection de la famille Debleu (une commande du musée du château des ducs de Bretagne à Nantes) et L'Irrésistible Apocalypse.
En 2011, il fonde L'Idée Sensible, compagnie avec laquelle il met en scène OpenSpace en 2013 avec le soutien de la Région Pays de le Loire, de la Ville de Nantes, du Kiosque – Centre d'Actions Culturelles de Mayenne, du Théâtre du Champ de Bataille, du Théâtre de l'Écluse.
Il prépare actuellement L'Homme-Machine, une quatrième comédie technologique dans laquelle le théâtre emprunte à la science-fiction. Il anime des ateliers, des stages d’écriture, il donne des lectures publiques de ses pièces.